8.10.06

"je" est un autre et me suit partout

Olaf Blanke et son équipe de l'école polytechnique fédérale de Lausanne ont découvert que la stimulation électrique de certaines parties du cerveau pouvait créer l'illusion d'une personne imaginaire.
Cela pourrait être une étape, pensent-il, vers la compréhension de la paranoia ou de la schizophrénie. Je ne sais pas jusqu'où cette découverte peut être liée aux travaux de Michael Persinger, qui semblent donner des résultats très proches...

23.8.06

caféinomanes débutants: danger!

Certes, le café vous ouvre l'esprit, mais si vous n'en avez jamais consommé, ce n'est pas la peine de vous y mettre, d'après les conclusions peu intuitives de cette étude : ceux qui n'ingèrent que peu ou modérément de cet excitant voient leur risque d'accident cardiaque augmenté. Mais un tel danger ne concernerait pas les gros consommateurs, qui semblent immunisés contre cet effet indésirable. Sans doute les veritables accros se trouveraient-ils mithridatisés contre les aspects négatifs de la caféine, spécule-t-on, tandis que les autres, les timides, les débutants, les prendraient en plein dans la figure.
Les choses ne sont déjà pas simples, mais elles se compliquent encore un peu avec une autre étude, mentionnée par la même source, qui spécifie elle que le café réduit le risque de diabète, de cirrhose, et ... d'accident cardiaque, à condition toutefois, et c'est là que les choses deviennent un peu compliquées, de ne pas en abuser! en effet des chercheurs norvegiens auraient découvert qu'une à trois tasses de café chez des femmes entre 55 et 69 ans réduiraient le danger d'une attaque d'environ 24%. Mais qu'une plus grande quantité du breuvage diminuerait la protection jusqu'à la faire disparaitre lorsqu'on atteint environ six tasses.
Moralité: buvez du café mais pas trop. Enfin si, buvez trop de café, mais n'abusez pas tout de même et usez de la modération avec modération. Ou ne prenez rien du tout, mais dans ce cas vous vous privez d'une protection contre les maladies cardiaques que vous pourriez augmenter en buvant du café, mais attention, hein, pas trop peu ni trop, oh puis zut, pas de moralité.

10.8.06

La rationalité en prend -encore- un coup

S'il y a une chose qui semble se dégager des actuelles études sur le cerveau, c'est bien le caractère limité de notre capacité à raisonner rationnellement. C'est l'ambition de la toute nouvelle science de la neuroéconomie d'étudier nos processus de décision en s'aidant de l'imagerie médicale.
Le récent article publié dans USA Today (découvert via ce blog) confirme une fois de plus le rôle de l'émotion dans nos choix.
Ce papier présente une étude anglaise effectuée à l'université de Londres, cherchant à évaluer l'efficacité du "recadrage", autrement dit la technique qui consiste à dire la même chose de plusieurs manières différentes, avec un impact différent selon les formulations.
On a donné aux patients une certaine somme d'argent à parier, en leur précisant que s'ils ne pariaient pas, ils "garderaient 40% de la somme". Ou alors, on leur signifiait au contraire qu'ils perdraient 60% du magot, ce qui, on s'en doute, revient strictement au même. Dans le premier cas, 43% des sujets choisirent de parier. Dans le second, ils étaient 62%.
L'article précise bien que les risques avaient été correctement présentés à tous les cobayes, et que tous savaient donc que les deux propositions étaient équivalentes. ce qui n'empêchait pas la seconde d'être plus convaincante.
L'imagerie cérébrale à montré que l'amygdale, une région du cerveau très ancienne liée à la reconnaissance du danger, "s'allumait" systématiquement au moment de la prise de décision. c'était également le cas du cortex préfontal, qui gère notre capacité de planification et de reflexion. Chez les sujets qui réussissaient à passer le piège du recadrage, le cortex préfontal était plus actif, et arrivait à surmonter les signaux de panique lancés par l'amygdale. Cependant, tous les sujets ont montré une activation de cette région, dont le rôle apparait donc fondamental dans nos décisions.

11.7.06

Un ordinateur qui reconnait les expressions faciales

Pour rester dans le domaine de la "lecture de l'esprit" (et en n'oubliant pas que cette expression reste, et pour longtemps, très largement exagérée), un article de la BBC fin juin mentionne les recherches sur la reconnaissance des émotions par un ordinateur, grâce à l'analyse de l'expression du visage. Bref, une forme de "lecture" que nous pratiquons tous depuis toujours, mais qui était restée jusqu'ici inaccessible aux machines. Une telle recherche pourrait aider les conducteurs, ou les autistes. Ainsi, selon Peter Robinson de l'université de Cambridge, qui planche sur le sujet "nous travaillons avec une grosse compagnie automobile qui envisage d'employer ce système dans les cinq ans". Quant aux autistes, un tel programme pourrait les aider à reconnaitre les émotions (rappelons que les recherches sur l'autisme semblent démontrer que le principal problème des personnes atteintes de cette maladie réside dans leur incapacité à reconnaitre les émotions exprimées par des signaux non-verbaux, telle l'expression du visage, le ton de la voix, etc.)
Toujours selon Robinson, de tels travaux pourraient également "permettre à des sites web de personnaliser leurs publicités ou la vente de leurs produits en fonction de votre humeur". Débranchez la webcam!

Lecture de l'esprit: l'ACLU s'inquiète

L'une des plus célèbres associations de défense des droits de l'homme aux Etats-Unis, l'ACLU (Association for Civil Liberties Union) s'inquiète de l'usage que pourrait faire le gouvernement américain des nouvelles techniques d'analyse du cerveau. Celles-ci pourraient en effet être envisagées comme de super-détecteurs de mensonges. En effet, deux compagnies ont déjà proposé leurs services aux différentes agences gouvernementales afin d'utiliser l'IRM à des fins d'interrogatoire.
Selon Barry Steinhardt, directeur du projet Technologie et Liberté à l'ACLU, "Aucune technologie ne devrait être déployée tant qu'on a pas prouvé son efficacité- et nous en sommes loin, selon les experts du domaine... Nous ne voulons pas lire dans nos journaux qu'un innocent a encore été envoyé à Guantanamo à cause de conclusions basées sur une technologie que personne ne comprend vraiment".

15.6.06

Interface homme-machine pour les jeux.

Une nouvelle un peu ancienne, c'est à dire datant du mois d'Avril, mais vraiment intéressante (de toutes façons, ce blog n'existait pas à l'époque).
Selon la revue australienne
The Age, le gouvernement australien aurait approuvé le développement d'une technologie susceptible d'interagir directement avec notre cerveau. La compagnie Emotiv Systems est en effet en train de réaliser (avec un financement de 1,5 million de dollars venant du gouvernement) un casque susceptible de lire les ondes cérébrales et d'influer ainsi sur le déroulement d'un jeu vidéo. Emotiv System est un partenaire du "Centre for the Mind" né de la collaboration entre l'Australian national University et l'université de Sydney. On y poursuit des recherches sur la créativité et l'excellence.
Découvert grâce au blog "
Pattern hunter".

Les étudiants américains accros aux "smart drugs" ?

Le phénomène n'est pas nouveau: il y a bien des années que certains étudiants ruinent leur santé aux amphétamines pour lutter contre la fatigue et accroitre leur capacité de travail. Mais aujourd'hui, ce ne sont plus les excitants qui sont consommés, mais des produits susceptibles d'agir directement sur les capacités cognitives. Selon cet article du Washington Post (découvert grâce à l'excellent blog "better humans"), l'usage de drogues comme l'Adderal (à l'origine utilisé par les victimes du fameux syndrome de "déficit de l'attention") ou le Provigil (à la base un médicament contre la Narcolepsie) ont augmenté d'environ 300% ces quatre dernières années. La cause n'étant pas, bien entendu, l'augmentation du nombre de malades sous traitement, mais l'usage de ces produits par des sujets sains, désireux de bénéficier de leurs effets importants sur la concentration, la mémoire, l'attention...Selon cet article, environ 2,25 millions des collégiens et lycéens américains (soit environ 1 sur 10) utiliseraient des produits comme la Ritaline sans ordonnance....

Comment contrôler un robot par la pensée

Un article intéressant de Christophe Jacquemin dans le blog d'Automates Intelligents sur le contôle d'un robot par la pensée:
"Une interface cerveau humain/machine non invasive qui permet par la simple pensée de faire effectuer en temps presque réel des mouvements simples à une main robotique : voici la première que viennent de réaliser l'Institut japonais international de recherche avancées en télécommunications (ATR) et le laboratoire de recherche de Honda (HRI )."
Lire la suite ...

Le café vous ouvre l'esprit!

Selon cet article du new scientist, le café rendrait ses adeptes plus ouverts à la persuasion...
Les experimentateurs ont fait boire à un panel de patients une boisson à l'orange, certains des verres contenant de la cafeine, et d'autres étant des placebos. On les a alors soumis à des arguments concernat des sujets controversés (par exemple l'euthanasie). Il s'est avéré que ceux qui avaient consommé la caféïne ont eu plus tendance à changer leur point de vue que les membres du groupe témoin.
Restait à connaitre la cause de ces curieux retournements de points de vue: le café rendrait-il influençable? Se pourrait il par exemple qu'en améliorant l'humeur, le patient soit plus à même d'être influencé par son interlocuteur?
Les experimentateurs ont alors tenté de distraire de diverses manières les cobayes alors qu'ils étaient exposés aux arguments contradictoires. Il s'est avéré alors que les changements d'opinion se faisaient plus rares. Conclusion: c'est la faculté de concentration qui rend les gens plus ouverts aux arguments d'autrui. Lorsque celle-ci se voit améliorée par un produit comme le café, l'esprit s'ouvre aux nouvelles idées. Si on l'empêche d'exercer sa concentration, il se ferme comme une huitre.

Je vous quitte, il faut que je me fasse un café...