11.7.06

Un ordinateur qui reconnait les expressions faciales

Pour rester dans le domaine de la "lecture de l'esprit" (et en n'oubliant pas que cette expression reste, et pour longtemps, très largement exagérée), un article de la BBC fin juin mentionne les recherches sur la reconnaissance des émotions par un ordinateur, grâce à l'analyse de l'expression du visage. Bref, une forme de "lecture" que nous pratiquons tous depuis toujours, mais qui était restée jusqu'ici inaccessible aux machines. Une telle recherche pourrait aider les conducteurs, ou les autistes. Ainsi, selon Peter Robinson de l'université de Cambridge, qui planche sur le sujet "nous travaillons avec une grosse compagnie automobile qui envisage d'employer ce système dans les cinq ans". Quant aux autistes, un tel programme pourrait les aider à reconnaitre les émotions (rappelons que les recherches sur l'autisme semblent démontrer que le principal problème des personnes atteintes de cette maladie réside dans leur incapacité à reconnaitre les émotions exprimées par des signaux non-verbaux, telle l'expression du visage, le ton de la voix, etc.)
Toujours selon Robinson, de tels travaux pourraient également "permettre à des sites web de personnaliser leurs publicités ou la vente de leurs produits en fonction de votre humeur". Débranchez la webcam!

Lecture de l'esprit: l'ACLU s'inquiète

L'une des plus célèbres associations de défense des droits de l'homme aux Etats-Unis, l'ACLU (Association for Civil Liberties Union) s'inquiète de l'usage que pourrait faire le gouvernement américain des nouvelles techniques d'analyse du cerveau. Celles-ci pourraient en effet être envisagées comme de super-détecteurs de mensonges. En effet, deux compagnies ont déjà proposé leurs services aux différentes agences gouvernementales afin d'utiliser l'IRM à des fins d'interrogatoire.
Selon Barry Steinhardt, directeur du projet Technologie et Liberté à l'ACLU, "Aucune technologie ne devrait être déployée tant qu'on a pas prouvé son efficacité- et nous en sommes loin, selon les experts du domaine... Nous ne voulons pas lire dans nos journaux qu'un innocent a encore été envoyé à Guantanamo à cause de conclusions basées sur une technologie que personne ne comprend vraiment".