23.8.06

caféinomanes débutants: danger!

Certes, le café vous ouvre l'esprit, mais si vous n'en avez jamais consommé, ce n'est pas la peine de vous y mettre, d'après les conclusions peu intuitives de cette étude : ceux qui n'ingèrent que peu ou modérément de cet excitant voient leur risque d'accident cardiaque augmenté. Mais un tel danger ne concernerait pas les gros consommateurs, qui semblent immunisés contre cet effet indésirable. Sans doute les veritables accros se trouveraient-ils mithridatisés contre les aspects négatifs de la caféine, spécule-t-on, tandis que les autres, les timides, les débutants, les prendraient en plein dans la figure.
Les choses ne sont déjà pas simples, mais elles se compliquent encore un peu avec une autre étude, mentionnée par la même source, qui spécifie elle que le café réduit le risque de diabète, de cirrhose, et ... d'accident cardiaque, à condition toutefois, et c'est là que les choses deviennent un peu compliquées, de ne pas en abuser! en effet des chercheurs norvegiens auraient découvert qu'une à trois tasses de café chez des femmes entre 55 et 69 ans réduiraient le danger d'une attaque d'environ 24%. Mais qu'une plus grande quantité du breuvage diminuerait la protection jusqu'à la faire disparaitre lorsqu'on atteint environ six tasses.
Moralité: buvez du café mais pas trop. Enfin si, buvez trop de café, mais n'abusez pas tout de même et usez de la modération avec modération. Ou ne prenez rien du tout, mais dans ce cas vous vous privez d'une protection contre les maladies cardiaques que vous pourriez augmenter en buvant du café, mais attention, hein, pas trop peu ni trop, oh puis zut, pas de moralité.

10.8.06

La rationalité en prend -encore- un coup

S'il y a une chose qui semble se dégager des actuelles études sur le cerveau, c'est bien le caractère limité de notre capacité à raisonner rationnellement. C'est l'ambition de la toute nouvelle science de la neuroéconomie d'étudier nos processus de décision en s'aidant de l'imagerie médicale.
Le récent article publié dans USA Today (découvert via ce blog) confirme une fois de plus le rôle de l'émotion dans nos choix.
Ce papier présente une étude anglaise effectuée à l'université de Londres, cherchant à évaluer l'efficacité du "recadrage", autrement dit la technique qui consiste à dire la même chose de plusieurs manières différentes, avec un impact différent selon les formulations.
On a donné aux patients une certaine somme d'argent à parier, en leur précisant que s'ils ne pariaient pas, ils "garderaient 40% de la somme". Ou alors, on leur signifiait au contraire qu'ils perdraient 60% du magot, ce qui, on s'en doute, revient strictement au même. Dans le premier cas, 43% des sujets choisirent de parier. Dans le second, ils étaient 62%.
L'article précise bien que les risques avaient été correctement présentés à tous les cobayes, et que tous savaient donc que les deux propositions étaient équivalentes. ce qui n'empêchait pas la seconde d'être plus convaincante.
L'imagerie cérébrale à montré que l'amygdale, une région du cerveau très ancienne liée à la reconnaissance du danger, "s'allumait" systématiquement au moment de la prise de décision. c'était également le cas du cortex préfontal, qui gère notre capacité de planification et de reflexion. Chez les sujets qui réussissaient à passer le piège du recadrage, le cortex préfontal était plus actif, et arrivait à surmonter les signaux de panique lancés par l'amygdale. Cependant, tous les sujets ont montré une activation de cette région, dont le rôle apparait donc fondamental dans nos décisions.