10.8.06

La rationalité en prend -encore- un coup

S'il y a une chose qui semble se dégager des actuelles études sur le cerveau, c'est bien le caractère limité de notre capacité à raisonner rationnellement. C'est l'ambition de la toute nouvelle science de la neuroéconomie d'étudier nos processus de décision en s'aidant de l'imagerie médicale.
Le récent article publié dans USA Today (découvert via ce blog) confirme une fois de plus le rôle de l'émotion dans nos choix.
Ce papier présente une étude anglaise effectuée à l'université de Londres, cherchant à évaluer l'efficacité du "recadrage", autrement dit la technique qui consiste à dire la même chose de plusieurs manières différentes, avec un impact différent selon les formulations.
On a donné aux patients une certaine somme d'argent à parier, en leur précisant que s'ils ne pariaient pas, ils "garderaient 40% de la somme". Ou alors, on leur signifiait au contraire qu'ils perdraient 60% du magot, ce qui, on s'en doute, revient strictement au même. Dans le premier cas, 43% des sujets choisirent de parier. Dans le second, ils étaient 62%.
L'article précise bien que les risques avaient été correctement présentés à tous les cobayes, et que tous savaient donc que les deux propositions étaient équivalentes. ce qui n'empêchait pas la seconde d'être plus convaincante.
L'imagerie cérébrale à montré que l'amygdale, une région du cerveau très ancienne liée à la reconnaissance du danger, "s'allumait" systématiquement au moment de la prise de décision. c'était également le cas du cortex préfontal, qui gère notre capacité de planification et de reflexion. Chez les sujets qui réussissaient à passer le piège du recadrage, le cortex préfontal était plus actif, et arrivait à surmonter les signaux de panique lancés par l'amygdale. Cependant, tous les sujets ont montré une activation de cette région, dont le rôle apparait donc fondamental dans nos décisions.

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